Comme évoqué lors d’un précédent article intitulé « Le bon moment pour investir », nous avions volontairement laissé de côté l’épineux sujet du dividende car particulièrement polémique et de notre point de vue, injustement décrié par une grande partie des médias ainsi que par l’opinion publique. A ce titre, il nous semblait fondamental de lui consacrer un article à part entière.

Ce sujet, ou devrions-nous dire, ce gros mot, a souvent tendance à provoquer des crises d’urticaire à un grand nombre de commentateurs bien-pensants et ce, malheureusement, sans s’intéresser à ses différentes modalités et objectifs. Dès lors, il nous paraissait indispensable de remettre l’église au milieu du village en essayant de traiter cette affaire de la façon la plus factuelle et honnête possible.

Des intérêts convergents

Au risque d’enfoncer des portes ouvertes, nous rappellerons au préalable qu’une entreprise a besoin de capitaux propres afin de se développer et de créer de la valeur.

En parallèle, l’investisseur possède un capital dormant qui n’a pas de fonction propre – cette fameuse « fuite dans le circuit » décrite par Keynes – et plutôt que de laisser cette manne financière en stock, décide de la faire fructifier en participant, par la même occasion, au développement économique d’un pays, secteur ou entreprise de son choix.

Au sein de notre système monétaire, fondé sur une logique libérale, la convergence des intérêts entre le développement d’une société et le besoin de rentabilité de l’investisseur permet la pérennité de notre économie.

La rémunération du risque

Au fur et à mesure du développement de l’entreprise, la valeur de la part, détenue par l’actionnaire, augmente ou diminue en fonction de la performance délivrée ; ici, nous nous concentrons sur les sociétés cotées en bourse.

L’entreprise dispose donc de deux moyens pour récompenser l’actionnaire au regard de sa fidélité et du risque qu’il a encouru :

  1. La création de valeur :

Pour ce faire, l’entreprise doit continuer de gagner des parts de marché tout en optimisant la gestion de ses capitaux internes : développement de l’outil de production, réalisation de gains de productivité, investissement dans la Recherche et le développement ou bien encore le recrutement et la préservation des meilleurs éléments etc.

  1. Le versement d’un dividende:

Il est à préciser que la fonction première du dividende est de rémunérer l’actionnaire pour le risque qu’il a pris en investissant ses deniers personnels au capital social d’une entreprise.
Cependant, l’entreprise, en rémunérant ses actionnaires, se prive de trésorerie pour poursuivre son développement et s’oblige donc à faire entrer de nouveaux actionnaires ou bien alors à lever de la dette senior.

Finalement, le sujet du dividende se résume aux intérêts, supposés contradictoires, entre les différents acteurs à savoir : l’entreprise, l’actionnaire et les salariés. Également, les médias viennent souvent apporter une vision réductrice et stérile du match qui se joue ; il faut bien vendre du papier …

En effet, pour la création de nouveaux emplois et la prise de parts de marché, l’entreprise a besoin d’apports en numéraire. L’investisseur, lui, souhaite récolter les fruits du risque qu’il a entrepris avec aucune garantie sur le capital qu’il a injecté. Les employés, eux, comparent leurs salaires avec les remontées de dividendes à destination d’actionnaires qu’ils ne connaissent pas. Puis, la presse se frotte les mains de l’asymétrie d’information flagrante entre les actionnaires et les salariés.

Ainsi, si la fluidité des informations était plus grande dans les entreprises en présentant les actionnaires aux salariés, leur rivalité serait davantage tournée vers une coopération plus grande car l’entreprise a autant besoin de l’un comme de l’autre. Si le Plan d’Epargne Entreprise est une belle initiative, l’ouverture du capital aux salariés semble le nouveau modèle à investir au sein duquel l’homme reviendrait au centre des choses.