La crise actuelle pourrait freiner les velléités d’investir ; Julien Wargny, directeur du Cabinet Fennas, nous rassure quant à la bonne attitude à adopter pour se prémunir au mieux des risques potentiels.

Les taux bancaires sont à la hausse. Quels plans adopter pour des investissements les plus bénéfiques possibles ?
En effet, les taux bancaires sont repartis à la hausse avec une augmentation moyenne autour de 0,4 % toutes institutions bancaires confondues. Cet impact vient s’ajouter à celui du resserrement des conditions d’octroi des crédits pour tout particulier désireux de s’endetter.
Cependant, quelques investissements dont la déduction des intérêts est possible permettent de contrecarrer cette mauvaise nouvelle avec des rendements nets de frais autour de 5 %/an.
Différents plans sont envisageables en fonction des profils, mais l’union de l’immobilier et du financier reste la pierre angulaire d’une stratégie patrimoniale pertinente au sein de laquelle le crédit bancaire peut encore apporter un effet de levier.

La crise économique ne va faire que se durcir. Comment pérenniser la volonté d’investir et ne pas succomber à la frilosité ?
Je ne pense pas que nous vivions une crise financière au sens systémique du terme. À ce titre, c’est une crise d’information que nous vivons car celle-ci devient de plus en plus difficile à capter et l’accompagnement par un professionnel prend alors tout son sens.
La volonté d’investir peut se faire en bon père de famille avec des placements dont le rapport risque/rendement est performant.
La frilosité ne pourra être vaincue  que  par  la   bonne   transmission du savoir et de l’expertise quant aux choix des supports sélectionnés et ce, avec une écoute et un suivi exemplaires s’inscrivant dans la durée.

Les banques durcissent les conditions d’attribution de crédits. Pouvez-vous les rappeler ?
En tant que courtier, je ne peux que constater un durcissement réel des conditions d’attribution de crédits. Là où, autrefois, quelques papiers suffisaient à obtenir un accord de principe, nous faisons face, désormais, à une montagne de justificatifs à fournir. Actuellement, outre le nombre significatif de pièces à communiquer – salaires, relevés de compte, épargne existante, titres de propriété et prêts en cours – pratiquement toutes les banques se cantonnent davantage à retenir le taux d’endettement post-opération de 33 % plutôt que le reste à vivre du demandeur.

Également, il devient de plus en plus difficile pour un locataire d’investir dans l’immobilier. La résidence principale revient au cœur du sujet. Tout le problème demeure la marge d’endettement restante pour investir dans un autre bien : c’est ici que nous tombons dans un cercle vicieux sur lequel nous sommes en négociation permanente pour faire aboutir les dossiers de nos clients.

Comment optimiser un dossier pour garantir son acceptation ?
Le sur-mesure est la règle d’or ! Pas un seul de nos dossiers transmis en banque n’a pas été, au préalable, étudié avec le plus grand soin. En plus d’être très proche de nos clients, mon pôle courtage réalise un travail minutieux afin de dépasser les standards attendus par les banques. L’idée est donc de pouvoir être reçu en priorité grâce à la reconnaissance de notre travail auprès de nos partenaires bancaires.

Le meilleur conseil que je peux donner est de connaître précisément les règles de la banque sollicitée afin de pouvoir coller à ses attentes. Ceci ne s’invente pas et tout professionnel compétent se doit d’étudier et d’actualiser ses données pour que ses dossiers soient acceptés ; le tout, avec la création d’un rapport gagnant-gagnant entre la banque et son futur client.

Vous n’avez pas de boule de cristal… mais quelles peuvent être les évolutions de la situation? Quels sont, en tout cas, les marqueurs à suivre pour coller au mieux à cette évolution ?
Je remarque que les banques commencent à proposer des taux d’intérêt à peu près sur la même ligne les unes par rapport aux autres : il n’y a plus de leader(s) positionné(s) comme avant le Covid-19. Ce constat me pousse à penser que tout va devenir négociable comme la délégation d’assurance, les frais bancaires ou bien encore la liberté de placer ses avoirs librement. En somme, une nouvelle forme de concurrence, fondée sur l’ouverture et l’échange, est en train de naître !

Les marqueurs à suivre seront, sans aucun doute, le pou- voir de décision et la force de proposition des différents intermédiaires pour repousser les nouvelles règles établies. Dès lors, tout acquéreur ou investisseur devra sélectionner le professionnel pour qui la remise en question et l’agilité sont des thèmes de prédilection et non de simples mots à la mode…

La volonté d’investir peut se faire en bon père de famille avec des placements dont le rapport risque/rendement est performant.